Les Désirs Confinés

    L’armoire destinée à conserver les attributs du bonheur conjugal, est capitonnée de velours rouge, tel un cercueil symbolisant la mort du désir, et renferme de nombreuses bobines de perles rouges. Cette accumulation (autant de bobines que de jours dans une année) est la métaphore d’une vie maritale source d’attente et d’insatisfaction. 

Le dos de l’armoire, recouvert de plusieurs papiers peints, représente les traces laissées par les anciens habitants, comme une évocation du temps qui passe. Deux images y sont accrochées. Des photos de mariés après leur union et dont une présente des altérations qui rendent la lecture impossible.

Cela dit l’impossibilité de reproduire un moment heureux, comme ce souvenir stéréotypé du jour du mariage.

 

    Au pied de l’armoire se trouve une maison sans porte ni fenêtre et dont la fragilité est évoquée par l’absence de fondation. De son toit s’échappe une branche d’olivier recouverte de fil rouge. L’artiste se souvient qu’enfant sa mère lui disait que si elle avalait un noyau d’olive, un olivier sortirait de sa bouche au petit matin. La branche d’olivier qui parvient cependant à s’échapper apparait comme une tentative de s’ouvrir au monde, de sortir de soi-même.

 

    L’abondante table de gâteaux sous cloches est une illustration de l’invitation au désir. Ils expriment tout à la fois un désir et sa défense. L’ambivalence du « mange moi » injonction écrite sur les assiettes sur lesquelles reposent les gâteaux exprime un désir et l’impossibilité d’y accéder par les cloches qui les protègent. L’enveloppe protectrice des cloches contraste avec la transparence et la fragilité du verre censé protéger ce qu’il contient de précieux, de petits gâteaux au blanc virginal mais néanmoins tachés de rouge-sang. 

The cupboard intended to preserve the attributes of marital happiness, is padded with red velvet, like a coffin symbolizing the death of desire, and contains many  spools of red pearls. This accumulation (as many spools as days in a year) is a  metaphor of a married life, which is a source of expectations and disapointment. The back of the cupboard, covered with several wallpapers, represents the traces left by the former residents, as an evocation of the passing of time. Two images are attached to it. Photos of the newlyweds after their union, one of which shows alterations  making it impossible to read. Illustrating the impossibility of reproducing a happy moment, like the stereotypical memory of  a wedding day.   

 

At the foot of the cupboard is a house without a door or window, the fragility of which is evoked by the absence of a foundation. From its roof escapes an olive branch covered with red thread. The artist remembers when her mother told her that "if she swallowed an olive pit, an olive tree would come out of her mouth early in the morning". The olive branch which manages to escape, however, appears as an attempt to open up to the world, to come out of itself.

 

  The abundant table of cakes under glass domes is an illustration of the invitation to desire. They express both a desire and its defense. The ambivalence of the "eat me" written directive on the plates on which the cakes are placed expresses a desire and their inaccesibility  because of the glass domes that protect them. The protective cover of the glass domes contrasts with the transparency and the fragility of the glass material supposed to protect what it contains, precious virginal white little cakes , nevertheless stained with blood-red.

© 2017 Carolle Bénitah

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